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COMPACT EXPERTS : LE DOUTE ?

Photo-vidéo

Des doutes sur la pertinence de l'offre

Ne tournons pas autour du pot : si les APN se vendent moins bien, c'est principalement par ce qu'une proportion grandissante de clients n'en ont plus réellement envie. Ils ne sont pas assez motivés pour revenir sur la conviction qu'ils éprouvent d'être suffisamment bien équipés avec les appareils qu'ils possèdent déjà, smartphones inclus.

Certes, le smartphone a bouleversé toutes les prévisions. Aux acteurs du marché qui s'interrogeaient il y a quelques années sur la durabilité d'un marché français aux alentours de 5 millions d'unités annuelles, il était facile de répondre qu'avec 26 millions de ménages et deux appareils dans chaque foyer (soit sur la base de deux personnes équipées, soit avec un appareil performant et un plus simple) et le renouvellement d'un appareil tous les 5 ans, le compte y était.

Mais les mobiles intelligents ont créé une violente diversion. Des produits qu'à l'évidence, l'industrie photo n'a pas vu venir. Ainsi, s'il est facile de critiquer les smartphones aux performances supposées inférieures à celles des APN compacts (ce qui est malheureusement moins vrai de jour en jour), force est de constater que dans le concret, et dans ce que perçoit tout chaland face à un rayon, les fonctions les plus élémentaires des deux types d’équipements sont proches de l’équivalence, voire pire. Par exemple, tout utilisateur de smartphone peut déplorer que viser avec un écran LCD par un temps bien ensoleillé est quasi mission impossible. Mais combien sont les compacts proposant une autre forme de visée ? Même réaction pour les "selfies", prises de vues mode que tout smartphone autorise ? Cette fonction qui a initialement vu le jour dans la photo, et non dans les télécoms (rappelons-nous de quelques références signées Samsung) n'a pas, loin de là, envahi très visiblement l'offre des APN.

Compacts experts : experts de plus en plus, compacts si l'on veut...

Comme le montrent les chiffres, le compact expert est le seul à échapper à la morosité des ventes. Mais même lui affiche selon nous des propriétés trop souvent insuffisantes pour ratisser large dans le royaume des envies. Le portrait-robot de l'appareil proche de l'idéal serait un modèle doté d'un capteur de bonne facture, d’un processeur puissant, d'un écran de visée obligatoirement orientable ET d'un viseur optique. En gros, un compromis assez bien réussi par Sony depuis son RX 100 Mk III (le IV et le V encore mieux). L’expression "en gros" ne convient donc pas. En "petit" serait plus adapté, l’encombrement idéal étant proche de celui d'un smartphone. Pas facile ! L'iPhone 6S et le Galaxy S6 ou Xperia Z5, entre autres, les héros de cette rentrée, brillent par une finesse sans utilité pour un compact expert qui ne chassera pas le téléphones intelligent de la poche du client. Mais dans la réalité, (replaçons-nous au premier semestre), un X30 de Fujifilm, qui n'est pas loin de réunir toutes les facettes séductrices requises pour un compact expert, mérite-t-il l'adjectif "compact" ? Demi-compact lui irait mieux. Un objet de 61 mm dans une poche laisse des traces presque aussi visibles que celles du litron de gros rouge dans l'imper d'un clochard.

En somme, il est probable que l'industrie aurait plus intérêt à rapprocher les fonctions photo aux usages les plus actuels et à mieux répondre aux évolutions des pratiques de manipulation. C'est vers des versions de bridges extrêmement miniaturisés qu'il serait sans doute plus pertinent de mettre les équipes de R&D au travail sans relâche. Mais ce n'est pas tout.

Rayons : plus médiocres, tu meurs ! D'ailleurs, certains sont déjà moribonds.

En réalité, en explorant avec attention l'offre des fabricants, on s'aperçoit qu'une bonne part de ce qui serait idéal pour stimuler les envies existe déjà en grande partie. Mais qui osera prétendre que cela se voit au gré des linéaires ? Qu'il n'y ait que peu de compacts experts aux caractéristiques séduisantes n'est pas un vrai problème. Mais qu'on ne puisse pas les voir fonctionner en rayon est impardonnable. L'absence des modèles réellement récents est par ailleurs incompréhensible.

Dans une grande FNAC de la région parisienne, ils sont trois, puis cinq à discuter autour du point "machin". Juste à côté, trois ou quatre chalands examinent des APN et, justement, des compacts experts. Croyez-vous que l'un des membres de la force (?) de vente va s'en rapprocher ? Non, on vient de la dire : on discute ! Dans un très grand magasin Boulanger d'Ile-de-France, un chaland tente de faire fonctionner un bridge dont la batterie est à plat. C'est bête ! Mais un vendeur déploie des efforts louables pour contourner l'obstacle. Avant de s'occuper d'un autre chaland qui, lui aussi, tournicote autour des compacts experts. Mais ce brave vendeur l'avoue, sans jamais se départir de son extrême courtoisie, qu'il n'y connaît rien à la photo. D'ailleurs, il est affecté au rayon des jeux vidéo. Et le vendeur photo ? "Il devrait être là mais il n'est pas là..." Mince !

Combien d'occasions se perdent ainsi au moment stratégique, celui de la rencontre entre un client "sérieux" et une enseigne ? Or la photo est l'un des domaines dans lesquels la prise en mains concrète d'un produit est indispensable. Le Net ne sert qu'au marchandage anonyme, la quête du prix record pour un équipement que le client a déjà choisi par ses propres moyens. Comment s'en offusquer quand on observe la manière dont il est globalement traité dans le commerce physique, ce qui, selon nos constatations, s'étend même (en partie seulement) aux enseignes spécialistes ? De l'intense travail des laboratoires de R&D jusqu'aux déconcertants constats face aux consommateurs, l'impression qui domine n'est-elle pas celle d'un immense gaspillage de possibilités ?

Tag(s) : #- PHOTO Video

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