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Devrait-on transformer la formule et parler de TGV comme de "Trop Grande Vitesse"...? Les automobilistes, à qui on a depuis longtemps imposé des limites pour réduire leur consommation (et les accidents) ne seraient sans doute pas les seuls à trouver l'initiative pertinente.
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- KELEREPUS -
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- KELEREPUS, 8 mars 2026. Serait-ce une provocation.? Ou une autre manière de, selon un raccourci familier souvent utilisé, marcher sur la tête.? Négatif, nous ne sommes qu'au mois de mars, le 1er avril est encore à quelque distance. Les distances, justement, ont fondu sur le rail (comme ailleurs), et en particulier pour les individus ayant la possibilité géographique de voyager dans ces rames très rapides. Et dont la vitesse a progressé au fil des années. Cette conquête du temps est toutefois relative, puisque tout le monde n'en bénéficie pas, du moins dans des proportions autant évidentes pour les uns que... pour d'autres. Il n'y a que le résultat qui compte. La liaison historiquement la plus célèbre, de Paris à Lyon, se couvre en 2h00. Et si un voyageur résidant tout près de la gare de Lyon (à Paris) rend visite à quelqu'un installé à deux pas de la gare de la Part Dieu, à Lyon, pas de doute, pour lui, c'est gagné. En revanche, pour un habitant de la banlieue (soit 80% de la population d'Ile de France*) l'équation est moins convaincante. Avec un temps incompressible pour rejoindre la gare de départ et un autre pour aller de l'arrivée au point de destination final, le total de deux heures va vite se confondre avec quatre ou un peu plus, selon les localisations de ces deux points.** Les "2h00" ressemblent à une durée à impact "commercial". Oublions cet aspect pour passer par un peu de technique et même de la physique pure et simple.
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Toute augmentation d'une vitesse entraîne une élévation de la consommation d'énergie qui se chiffre par le carré du gain. En clair, une progression de 10% du nombre de km/h entraîne une élévation (théorique) de 10.x.10.= 100, oui, 100%, soit une multiplication par deux de cette ponction énergétique. C'est ce qui est nécessaire pour passer de 200 à 220, de 300 à 330 etc. Cette évaluation soulève peut-être quelques énervements et protestations. "Vous oubliez les progrès de la technologie, la récupération d'énergie qui fait merveille à bord des rames de nos TGV...!". Non, pas oubliés, ces progrès techniques sont aussi réels que considérables, mais ils n'effacent pourtant strictement rien des réalités purement physiques. Même Dieu n'y peut rien. Et si les gains sur les rendements ont été extrêmement conséquents, ils ne remettent pas en cause cette réalité fondamentale. Evoquées plus haut, les automobiles et leurs conducteurs ont aussi bénéficié, au fil des décennies, d'une progression spectaculaire des rendements. Il suffit de comparer les consommations des voitures d'il y a 50 ans avec celles des véhicules de maintenant, qui sont pourtant tous plus grands et plus lourds. (Chacun sait cependant qu'en accélérant, il accélère aussi la vitesse à laquelle se vide le réservoir, ou les batteries).
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D'abord, vient donc d'être évoquée une notion de temps de parcours qui est moins critique qu'on l'imagine. Encore une histoire de ressenti, de durée "psychologiquement exprimée". Aller de Paris Montparnasse à Nantes en 2H00 ou en 2h12 (on ne dit pas 15, comme un produit à 200 euros qui serait à 195, ou un peu plus...) ne change finalement pas grand chose pour le voyageur. En quittant l'évocation de Paris-Lyon pour aller vers la Loire Atlantique, le changement est aussi dans l'exemple, puisque de Paris à la capitale des petits LU (et des biscuits nantais), le TGV roule moins vite sur une grande partie de son trajet, qui se réalise non sur le la LGV mais sur une voie classique, aménagée (comme beaucoup d'autres) pour permettre le 200 à 220 km/h selon les sections. Dans tout ce raisonnement, vient s'en glisser un autre, également évoqué, celui des personnes "ayant la possibilité géographique de voyager dans ces rames très rapides". Ce qui n'est pas le cas pour des quantités de villes moyennes, un peu oubliées, hors des lignes à grande vitesse (LGV) et pour lesquelles les liaisons régionales sont souvent un recours de moindre performances. En outre, quand le trajet est un peu plus long, même s'il est très rapide, le train "décroche", face à son concurrent des airs. Entre Paris et Marseille, soit 3 heures par le rail rapide, le temps pour un aller et retour dans la journée (plus presque la journée de travail sur place) est dépassé. Entre la capitale et le Vieux Port, tous les avions sont pleins.
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Alors que les ressources énergétiques risquent de devenir plus onéreuses que jamais, du fait des événements géo-politiques auxquels nous sommes désormais confrontés, et parce que les "bons" conseils de non-gaspillage ne vont pas manquer de se multiplier, de l'automobile à la température du logement, est-ce qu'un TGV un peu moins rapide ne deviendrait pas un TGV un peu plus citoyen...? Surtout si par ailleurs, se conjugue un retour à une attention mieux ressentie pour des cités telles que quelques belles oubliées de la LGV...?
* Et d'ailleurs environ le même pourcentage de résidents dans les grandes et moyennes villes de France, intra-muros et périphéries incluses.
** Un résident de banlieue est ou sud a plus vite fait de sauter dans sa jolie berline et de rejoindre Lyon en 4 heures environ, porte à porte. Et côté dépense, si jamais le trajet se fait à deux ou trois personnes, c'est imbattable côté dépense.
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