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Quand la frénésie fiscale bien connue des services de l'Etat s'embarque sur une double fausse piste en cherchant à assimiler collection auto et "fortune", en l'affublant de surcroît de la tare d'improductivité.
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- KELEREPUS -
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- KELEREPUS, 7 décembre 2025. Tirez (dans le sens de tirer des chèques) sur tout ce qui bouge ou tout ce qui roule...! Ce n'est pas une devise, mais un combat éternel, rougeoyant d'intensité, dont l'automobile est la cible depuis la nuit des temps du carburateur. De la vignette pour la "retraite des vieux"* aux explosions tarifaires toujours en vigueur, l'auto ne fait pas que, aux oreilles de Bercy, le joli bruit onctueux d'un vaillant moteur, mais plutôt le clac-gling du tiroir-caisse. Je roule donc je paye, désormais en évitant trottinettes et cyclistes qui, gratos, envahissent l'espace circulable et, à grands renforts de batteries Li-Ion chinoises, font grimper les bilans de l'accidentologie. Dans leurs éternelles quêtes de recettes additionnelles (donc addictives), des gens que les contribuables payent pour trouver des solutions à leurs impératifs quotidiens ont soudain et un moment imaginé de ponctionner les véhicules de collection. Au titre de ce qui est qualifié de "fortune improductive". Là, inévitable, les nerfs craquent, la colère éclate, messieurs qu'on nom "grands", changez prudemment de trottoir...
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Fortune...! Le mot qui rend plus jaloux que furax est lâché. Demandez donc à ces amateurs qui, soir après soir, s'usant le dos et s'écorchant les mains, se refont un "quatre à plat", poncent une carrosserie avant peinture, ou passent des montagnes d'heures à rechercher ce joint spi indispensable, plus fabriqué depuis le gouvernement Guy Mollet, oui, il faut leur demander s'ils ont bien des vécus de fortunés. Ou, s'ils ne font pas tout cela, mais ont quand même économisé euro après euro pour s'offrir une berline, un cabriolet, un coupé qui leur a fendu le cœur, ils se sentent riches nababs ou seulement méticuleux passionnés.? D'accord, il y a des véhicules d'exception, objets uniques à la valeur stratosphérique. Quelques poly-milliardaires s'en rendent propriétaires dans de mondaines ventes aux enchères... Sauf que ces personnes sont fortunées par delà l'auto. Et leurs larges aptitudes financières, loin d'être stériles, sont mises à profit pour préserver des valeurs patrimoniales extrêmes. Au même titre que d'autres conservent ou font restaurer des toiles de maîtres ou financent la reconstruction de cathédrales malencontreusement incendiées. Valeurs que, à leur échelle, les collectionneurs plus modestes protègent également, ne serait-ce que de l'oubli.
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Improductivité... Donc, qui ne produit rien, dont personne de bénéficierait. Une manière d'égocentrisme en euros, équivalence de l'os enterré par un brave toutou, sûr qu'aucun autre cabot ne pourra ainsi se l'approprier. Sauf que la collection des véhicules d'époque est un vaste domaine aux facettes économiques multiples. Laissons pour le bout du bout de cette courte démonstration le travail de l'hôtellerie et de la restauration (de bouche) que les envies de promenades en anciennes font naître, tout comme les captures d'images fixes et animées que les appareils photos et les smartphones permettent de cultiver, pour le bonheur des industriels et des distributeurs de ces équipements, de cartes mémoires, de disques durs, d'écrans plats pour tout voir et revoir... En gros, la collection est un superbe catalyseur de vie sociale et conviviale, largement contributrice à l'économie des loisirs. Mais c'est aussi, plus directement, une activité qui nourrit de nombreux professionnels de cette automobile, et même de l'automobile au sens large. Les innombrables stands de professionnels présents dans les salon, les bourses, les rassemblements, en sont autant de preuves actives. Rares sont par ailleurs les "garagistes" qui ne consacrent pas un peu de leur activité à ces anciennes, qui apportent du CA, tout en changeant des tâches planifiées et pré-valorisées par les déclinaisons de l'industrie. Industrie qui n'en est plus à regarder de loin ces fêlés de l'ancien, actifs de la nostalgie, mais au contraire, cultivent un "vintage" qui sert leur image, et consolide leur historique façon légende. Les "Classic" ou "Classique" existent dans les rouages de nombreuses marques. Et ce n'est pas parce que des économistes au talent défaillant, seulement aptes à multiplier la dépense à tout va, ont envie de plonger la main dans cette économie qu'il faut les laisser faire. A cette initiative, sachons maintenir l'unique et ferme seule réponse possible.: "Non Bercy...!"
* Dans le texte, quand la pudeur des mots n'avait encore répandu l'usage du "troisième âge" et des "seniors", des individus qui, c'est sûr, ne sont pas jeunes.
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