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Cette cassette, volontiers décrite à présent comme un médiocre et capricieux vestige digne des bestioles de l'ère de Jurassic Parc et des meubles en teck, mérite mieux que sa presque honteuse retraite. Et justement, un spécialiste la fait soudain sortir du coma.
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- KELEREPUS -
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- KELEREPUS, 4 janvier 2025. Sans rire, autrement dit, très sérieusement, la minicassette est apte à un retour dans l'analogique encore meilleur que celui vécu avec le vinyle. Est, ou serait, car il y a quelques conditions. Et n'ôtons pas au disque noir, dans ces circonstances, toute la force séductrice que lui confère l'édition. Grâce à sa taille, sa pochette est en elle-même un élément moteur de la séduction encore aujourd'hui constatée, privilège dont la petite cassette ne peut bénéficier, juste à cause de non atout, sa petite taille, et donc trop petite. Comprenez, ayant toujours été physiquement bien mal adaptée à une mise en bacs, comme son cousin l'album (ou même le "single", format microsillon. Il n'en reste pas moins qu'elle mérite une reconnaissance dans l'avènement qu'elle a engendré d'une génération toujours en pleine vigueur jusque à travers les plus récents smartphones. Il s'agit bien sûr de la mobilité, terme autrement plus adéquat que ce "nomadisme" qu'avait cru identifier un médiatique acteur politique.
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C'est au moment où tout semble perdu pour ce collector, seulement prisé de ceux qui savent, qu'un spécialiste, et pas n'importe lequel, ose une résurgence qui réveille. Cet industriel n'est autre que Revox (firme fondée en 1951 par Willy Studer*), allié pour la circonstance avec National Audio Company (firme d'outre Atlantique). Vient en effet de naître cette nouvelle mouture (ci-dessus), et comme un bonheur n'arrive jamais seul, cette initiative est annoncée comme devant se prolonger par la proposition de cassettes pré-enregistrées, de l'édition...
C'est avec le Walkman, lecteur portable concrétisé par Sony dans la seconde moitié des années 1970 que la véritable consécration a eu lieu. Et déjà, ponctuation d'une presque longue histoire. Cette cassette avait été conçue par Philips, qui en avait abandonné les droits industriels afin qu'elle soit adoptée par "tout le monde", face à un concurrent d'outre-Rhin (Max Grundig) qui en avait imaginé une autre, lui-même abandonnant les fruits de royalties pourtant prometteuses. Même industrielle, la guerre, c'est la guerre, avec ses sacrifices, jusqu'au pantalon affirment les connaisseurs. Toutefois, seule une bataille était gagnée. Il a fallu au moins deux autres interventions pour que la suprématie de ce support magnétique se réalise. D'abord, celle de Ray Dolby, avec ses "réducteurs de bruit", qui a permis au petit ruban défilant très lentement face à ses têtes d'enregistrement et de lecture atteigne des performances dignes de cette haute fidélité qui, parallèlement, ne cessait de conquérir des adeptes.
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On ne prête qu'aux riches, et à Akio Morita, co-fondateur de Sony et patron de la firme, le mérite d'avoir imaginé le lecteur portable de bonne qualité, (et donc auteur de la seconde intervention), ce fameux Walkman, en réalité concocté par une équipe que l'auteur de ces lignes a eu le privilège de rencontrer et de longuement écouter. Une idée lumineuse ayant fait immédiatement recette...? Que nenni...! Autre confidence révélatrice quasi historique... Lors de la première réunion commerciale, tenue à Tokyo, au Japon, consacrée au lancement de cette nouveauté baladeuse, un participant nous racontait que le décisionnaire de la filiale US de Sony, qui ne croyait guère à ce joujou pour golfeurs, n'avait commandé que 500 pièces (ce qui ne fait que 10 par Etat, pour qui cherche un repère)... La suite fut plus qu'un succès. Pour Sony et beaucoup d'autres, sans oublier des acteurs du monde de la grande fidélité, avec des appareils (enregistreurs et lecteurs) à la hauteur des plus prestigieux maillons de la hi-fi la plus huppée. Comme, au Japon, Nakamichi, ou en Europe, Studer-Revox. La cassette a ainsi envahi toute une part de la reproduction musicale, du baladeur au maillon des belles et nobles chaînes de salon, du radiocassette à l'autoradio, ce dernier étant en partie responsable de ses facettes de réputation mitigée, qui a accompagné ce joujou pourtant révélateur des comportements élémentaires des utilisateurs. Comme par exemple leur appétit largement répandu pour réaliser des "compilations", des enchaînements pour l'auto, le boulot ou l'écoute à gogo des morceaux que chacun préfère et d'eux seuls, en évitant les autres ayant juste servi à remplir les plages des albums vinyliques. Cette cassette a donc permis à ceux qui savaient les observer de détecter les motivations dont les utilisateurs feraient preuve ultérieurement dans leurs affinités avec les sons et les images, ce que l'on veut, quand on le veut.
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Cassette : deux symboles aux dimensions incontestables. Le premier est devenu une exception dans ce domaine, puisqu'il s'agit de l'un des seuls concepts ayant réussi à s'imposer mondialement, en étant originaire de la bonne vielle Europe, là où tant d'innovations sont venues du continent américain, du Japon, de Corée du Sud, et autres horizons lointains. Par ailleurs, c'est l'une des concrétisations quasi universelles de l'enregistrement magnétique, qui a beaucoup mieux répondu aux attentent des techniques liées à l'électronique, que n'ont pu le faire les procédés "vibratoires", par gravure, rouleaux, disques, etc. En effet, inventé en 1898 par le Danois Valdemar Poulsen, cette façon de mémoriser des sons, puis des données par magnétisation d'un support aura été la base de la vidéo, et surtout de l'informatique, jusqu'à ce que les technique optiques et par semiconducteurs (mémoires) prennent le relais. On a connu moins nobles lignées...!
* Pour être précis, rappelons que c'est dès 1948 que le créateur suisse Willy Studer a amorcé les activités de ce qui est devenu l'entreprise Studer-Revox, l'un des plus éminents spécialistes au monde de l'enregistrement magnétique.
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