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A la différence de certains loisirs avec technique, réellement indissociables du passé, le modélisme ferroviaire ne devrait-il pas faire une meilleure place au présent…?

- KELEREPUS, 15 juillet 2019. Il y a 50 ans, le train fascinait. Aujourd'hui, il se bagarre sur le plan tarifaire et ses performances écologiques avec d'autres modes de déplacement. Pas facile dans ce contexte d'animer (ou réanimer) un courant porteur de passions ou de loisirs pour ce qui roule sur des rails. Et pourtant, le présent du rail reste en grande évolution, et se mêle assez au quotidien pour générer des motivations chez les jeunes (jouets, puis jouets évoluées) et les moins jeunes. Oui, mais…

 

Une fatalité serait-elle incontournable pour le bien beau domaine des modélistes ferroviaires…? Cela pourrait s'imaginer, mais ce n'est finalement qu'une question de génération. Certes, après une histoire aussi marquante que celle des chemins de fer, il est inévitable de rencontrer une épaisse couche de nostalgie (qui ne veut pas dire tristesse) à l'évocation du train miniature. De plus, le train a marqué l'Histoire des territoires où il s'est installé, concrétisant la première grande vague de mouvements entre populations. Cette empreinte a marqué les esprits jusqu'aux 30 glorieuses, alors qu'au confluent des années 1950-1960, se vivait une période où deux redoutables compétiteurs dans le choix des déplacements ont véritablement pris de l'ampleur, l'automobile et l'avion. De nombreux collectionneurs et praticiens du modélisme ferroviaire, pour beaucoup des "seniors", unissent leur loisir préféré et l'évocation d'un temps où le voyage restait essentiellement sur rail, avec ses plaisirs (on part en vacances), son piment socio-économique (voyages d'affaires), et son prestige "high-tech" d'alors (la vitesse, des motrices légendaires jusqu'aux premiers TGV).  En presque 2020, il y a longtemps que les petits et longs voyages d'affaires se font, comme les allers et retours des bambins chez des grands parents pour les vacances, par la voie des airs. Les vacances en famille, par des nationales en général embouteillées, le coffre de la Dauphine ou de la Panhard débordant de matériel de camping, ont laissé la place à un séjour aux antipodes, avec plage de sable blanc, tarifé serré, vol et séjour inclus, par un TO de bonne réputation.

 

Et le rail, dans tout ça…? Pas si oublié qu'on l'imagine, et toujours dans une actualité propre à inspirer un vent motivant nouveau. Pas un parc d'attractions n'oublie de le cerner de son circuit, alors que dans nos villes, le tramway fait un retour en force très remarqué. Si l'autorail d'hier n'est plus qu'un souvenir, au gré de nos provinces, des cohortes de jeunes utilisent quotidiennement des AGC (voire BGC ou même des Bi-Bi, les connaisseurs savent de quoi nous parlons) pour aller dans des lieux où se distille le savoir. Peut-on oser évoquer les RER et autres rames de dessertes locales qui, bien qu'aux antipodes du transport "plaisir", peuvent laisser autant de souvenirs dans l'esprit des jeunes utilisateurs que les Romilly et autres rames Talbot à rivets en ont laissé chez les seniors évoqués plus haut. Sans oublier que, même s'ils laissent parfois leurs passagers en rade tant sans eau que sans info (incroyable à l'ère du portable dans toutes les poches), les trains à grande vitesse fait encore rêver. 

 

Des repères qui soulignent que le côté passéiste qui règne parfois presque sans partage lors de nombreuses manifestations ou expos n'est pas forcément de nature à inciter le néophyte à pénétrer dans ce monde d'un futur par trop antérieur. Un point qu'amplifient notamment les étalages sans fin de "vieux matériels", avec animateurs regardant de haut le curieux quidam, voire le quidam curieux, qui s'entend propulsé en pleine face la valeur d'une BB-9001 VB ou de quelques belles saucissons JEP…! Lui qui vient d'apprendre que la Caravelle n'est pas seulement un avion à réaction, et dont la réaction est intérieurement un "où pourrais-je bien mettre tout ça…?" au regard d'un réseau si long qu'il faudrait envisager la revente de tout ce qui est dans le séjour. Quidam qui aura peut-être retenu quelques lettres de l'alphabet, sans aller jusqu'à Z. Tout les animateurs de cet univers (industriels, distribution, organisateurs de manifestations, presse spécialisée...) qui ont vu au fil des ans devenir de plus en plus réduits leurs effectifs peuvent ranimer une flamme (personne ne le fera à leur place), peut-être moins grande, mais pas forcément moins brillante que celle des années glorieuses. Cela en conjuguant deux vérités. Il n'y a pas d'action (commerciale) sans résultat. Le présent est le passé du futur. 

 

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Tag(s) : #- ACTUS, #- Train, trains..., #- MODELISMES

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