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Très bref retour sur une fort longue histoire, qui se ponctue par la disparition "actée" d'un immense pan du marché de l'électronique de loisirs… Et l'auto en arrive à vouloir précipiter ce trépas...

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- KELEREPUS -

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- KELEREPUS, 26 septembre 2026. "C'est à cause de la première monte…!" Cette explication, très souvent entendue dans le secteur professionnel, est à la fois juste, mais quand même un peu simpliste. Elle devrait, dans l'avalanche de réflexions qu'elle ne peut qu'engendrer, conduire à au moins une interrogation.: pourquoi, lorsqu'un marché ayant vécu un essor spectaculaire, puis en est revenu à des dimensions plus modestes mais potentiellement non nulles, se voit-il parfois purement et simplement boudé, presque totalement abandonné, pour ne pas dire sabordé.? En d'autres termes "achevé" dans les rayons, par ceux qui en gèrent les contenus. Et bien pire, dans une sorte d'enfilade mortifère, assumée par l'industrie, celle de l'auto elle-même désormais. La radio (et le son) dans l'habitacle sont loin d'être les seuls concernés par des lâchages en pleine campagne de produits, équipements et usages. C'est un constat qu'un cheminement vieux de presque un siècle remet en lumière. Au moment où les industriels de l'automobile, hypnotisés par l'irruption de l'électron à la place du carburateur, et par celle de la Chine cherchant à détrôner Poissy, Wolfsburg, Detroit et consorts, ne mettent même plus la radio (équipement ou fonction) dans plusieurs de leurs nouveaux modèles. Un regard attentif dans le rétroviseur devient utile.

- Auto et radio -préhistoire...!- sont nées dans les mêmes grandes et, dit-on, belles époques. Il n'en fallait pas davantage pour que prenne corps le flirt assumé d'une automobile s'amourachant de la téléphonie sans fil (ou télégraphie sans fil, remarquez comme l'expression a changé de sens), TSF donc, pour contourner les obstacles de vocabulaire. Elle commence, outre-Atlantique, dans l’effervescence des années suivant la première guerre mondiale. Aux "States", Henri Ford et quelques concurrents ont fait de la voiture un équipement pour tout le monde. Dès 1908, l'Américain prend non pas "le T" mais "la T" (Ford) pour se déplacer. Et sous l'impulsion d'entreprises (privées), la radio connaît un essor prodigieux. Cela se concrétise en environ deux décennies. Quand survient la crise financière de 1929, plus de 10 millions de foyers sont dotés de cette radio où l'on écoute, notamment et avec passion, les retransmissions en direct de grandes compétitions sportives. Elle vit (déjà et tout naturellement) grâce à la publicité et s'alimente de contenus qui vont largement au-delà d'une simple création de fonds sonores. La musique est aussi entrée dans de nombreux foyers. Propagée en particulier par RCA-Victor (Radio Corporation of America), la firme de la célèbre "Voix de son Maître", l'ancêtre de l'électrophone s'appelle Victrola. Plus qu'un succès, une coqueluche. Une petite entreprise spécialisée dans les batteries pour l'automobile a alors cette belle idée de placer la radio dans ce moyen de transport qui séduit un nombre croissant de familles, friandes de week-ends en promenade. À l'évidence inspiré par la marque du camarade Victor, elle choisit de coupler le terme "moteur", donc "Motor", à la fin de la boîte à musique à la mode, "rola". Et voilà... Motorola est née, et n'est nullement la seule start-up à se lancer dans un tel projet. De quoi rendre la route moins monotone, jusqu'au Motel où quelques nuits seront passées… Quel bonheur…!

En Europe, les mêmes innovations non seulement suivent le mouvement, mais l'ont même parfois précédé. Le Nouveau Monde, peu regardant sur certaines convenances, n'a jamais eu son pareil pour s'octroyer des initiatives venues d'ailleurs. En revanche, les marchés européens, morcelés à l'image de la réalité du Vieux Continent, ne permettent pas des diffusions sur d'aussi grandes échelles. Pour l'auto comme pour ses accessoires. Dans les humeurs politiques et mouvementées des années 30 et suivantes, il existe un océan entre les développements et diffusions façon Amérique et les limites de nations avec empires coloniaux qui déjà chancellent. Après la guerre (39-45) le réveil est logiquement compliqué. Cependant, au début des années 50, les vents porteurs du progrès se sont enfin mis à souffler. Doucement. Si doucement que l'on en arrive à s'interroger. A propos, justement de cette TSF qui rechigne à venir en masse près du volant.

Dans le magazine "L"Automobile" de novembre 1952*, largement consacré au tout récent Salon de l'Automobile de Paris, qui s'est tenu dans l'audacieuse architecture du Grand Palais (héritage de l'Exposition Universelle de 1900), un petit sujet retient l'attention. Il souligne une particularité un peu déprimante de l'équipement autoradio du parc de véhicules particuliers. "Seulement 7% des voitures françaises sont équipées de postes de radio" déplore le magazine. Il faut admettre que les comparaisons peuvent frapper les esprits. Ainsi, beau succès, 1.auto sur 3 dans le monde est déjà équipée (monde où l'auto n'est bien sûr pas aussi répandue qu'à l'ère du smartphone). Du reste, c'est un pays qui, à lui seul, permet ce pourcentage mondial respectable, celui de l'Oncle Tom, comme le démontrent quelques niveaux de taux d’équipement dans des parc actifs :

- USA.: 87% (!) - Suisse.: 37%. - Belgique.: 30% - Royaume Uni.: 21%.

Diverses plus ou moins bonnes raisons sont avancées pour expliquer le bien plus faible taux relevé dans l'Hexagone, dont des prix trop élevés, une insuffisance de standardisation pour l'installation, ou les quantités de fabrication trop limitées pour atteindre des économies d'échelle suffisantes. Quant à la "première monte", elle est presque de l'ordre de la science-fiction. Presque, parce que le même magazine spécialisé dans l'automobile cite un (probablement) unique exemple. La Ford Comète, produite par la firme alors encore désignée par "FACEL Métallon" (l'heure de "Vega" n'est qu'imminente) est livrée avec... une radio déjà installée. Première première monte...!

La suite suivra une progression d'abord tranquille, puis quasi explosive. À chaque jour suffit sa peine. Il faut attendre le 31 décembre 1959 pour que le nombre de ménages équipés d'automobiles passe la barre des 30%. Le parc va dès lors s'étoffer, et avec lui les bouchons se multiplier. La radio va très utilement servir à les contourner ou, puisque ce n'est pas toujours possible, aider à en rendre musicalement plus acceptable les longues heures qui s'y perdent. Coup de chance, les partitions de l'auto et de la haute fidélité vont se retrouver sur le même tempo. Viendront les épanouissements spectaculaires que les professionnels connaissent et que le public a vu doucement s'estomper au cours des années récentes. Les cassettes, le CD, les puissances développées, les installations allant jusqu'au "tuning" avec des concours très populaires et largement suivis, et un tissu de spécialistes qui depuis, doucement, s'est émoussé. L'équipement en série de systèmes apportant des prestations et des performances estimées largement satisfaisantes pour une part dominante du public ont naturellement démotivé le plus grand nombre. À quoi bon dépenser, et accessoirement accepter qu'un prestataire intervienne sur un véhicule au risque de peut-être en écorner quelques détails. Tout cela pour une écoute de haute qualité qui, par ailleurs, dans la "vie d'aujourd'hui", n'est plus réellement proposée, hors circuits spécifiques, envers des utilisateurs amateurs déjà motivés. Il y a quelques années, nous évoquions l'importance de se préparer à savoir aller conquérir de nouveaux adeptes. Fichu, pour le moment. Désolant, non…?

* Collection YD.

- VERS TOUTES LES INFOS > > - - Réagir en direct : kelerepus-redaction@orange.fr

Tag(s) : #- ACTUS, #- AUTOS D'HIER, #- AUTOS DE TOUJOURS, #- CARTON ROUGE, #- DU MAL À Y CROIRE !
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