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Du jouet au modélisme, il n'y a qu'un pas. Mais attention, les enfants s'amusent avec le présent, non avec des antiquités.

- KELEREPUS, 17 septembre 2020. Il y a incontestablement des fabricants qui proposent des nouveautés bien dans notre époque, sur les principales échelles (HO et N). Il reste que pour un bambin, cette réalité du présent n'est probablement pas encore assez visible. Dans l'univers du rail d'aujourd'hui où, au-delà des trains à grande vitesse et des matériels régionaux, s'animent aussi, par exemple, les tramways et autres "trams-trains" dont se sont dotées bien des villes grandes et moyennes. Même remarque à propos de certains trains touristiques qui continuent à attirer un public avec enfants, surtout lorsque les vacances doivent plus que de coutume se vivre à l'intérieur de nos frontières.

Les modélistes d'aujourd'hui, dont pas mal relèvent de la génération du baby-boom, sont tous des anciens bambins. Ils sont nombreux à avoir commencé, sur une table de salle à manger ou recroquevillés sur l'étroit parquet d'une chambre, avec des Jouef en plastique sommaire, des HO au 100ème (ils n'ont pas fait un scandale pour autant). Les plus soigneux, qui ont eu la chance de trouver au pied d'un sapin (arbre mort pour des souvenirs bien vivants) une 9001 VB ou une lourde SMCF, et de surcroît su conserver ces pièces pour collectionneurs, avaient pourtant succombé aux charmes du petit train à travers la réalité de leur présent, et non en envisageant un futur musée, moins encore dans la perspective d'une capitalisation plus proche des ressources de la place Vendôme* que des miettes récoltées sur un livret exagérément qualifié d'épargne.

Dans ce propos, le mot le plus important est le qualificatif "visible". C'est par lui que le système… déraille. Il y a belle lurette que les spécialistes du jouet ne sont plus que des spécialistes des coffrets promus par des programmes et annonces de télévision, la vente ne dépendant que du prix promo qui en surmonte la pile, voire de la place disponible pour se garer à proximité du magasin. Dans tous les magazines spécialisés sur des domaines particuliers de loisirs (autos anciennes, train, simulation de vol, musique, photo…), un cercle quasi fermé de lecteurs assidus constitue cette petite population, toujours la même, qui découvre nouveautés et autres sujets. Hélas, il n'existe guère de remède pour faire sortir de ce cercle ni l'univers du petit train, ni aucun autre. La force générée est plus centrifuge que centripète. Et quand des expos sont organisées, localement, par des clubs, des municipalités, des centres commerciaux, une vision parfois un peu trop envahissante brouille à l'excès le message. Des étalages démesurés de matériels sous emballages d'origine traduisent une effervescence centrés sur un passé, que les antiquaires ne renieraient pas. Le tout avec des réseaux si grands que tout spectateur estime d'emblée impossible à caser chez lui, ou des réalisations pilotées par une technique qui n'est pas sans rappeler au profane ses démêlés avec son univers smartphone et PC, ses identifiants, ses mots de passe, ses codes de sécurité. Pas de quoi attirer ce profane qui, pourtant, pourrait alimenter une activité économique à ce domaine dont les adeptes, papy-boom aidant, est aussi une clientèle dont les rangs, déjà bien réduits, risquent encore de perdre des unités (tout ceci sans supprimer ni l'esprit collection, ni la facettes "bourse d'échanges", bien entendu).

* Refuge parisien des bijoutiers de prestige.

 

Tag(s) : #- ACTUS, #- Train, trains...

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