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Sans plus, voire trop attendre, faut-il profiter de la vague des "me too" de l'Espace, pour l'heure au fond de l'abîme, mais qui devrait un jour refaire surface dans l'univers de la collection ?

 

- KELEREPUS, 18 avril 2020. Ce qui rend un véhicule de collection intéressant dépend finalement d'assez peu de facteurs. L'aspect exceptionnel de certains en fait des stars pour toujours : Jaguar E, certaines Mustang, certaines Ferrari, chacun en imagine une petite série, selon les affinités. Il faut ajouter à ce volet initial celui des légendes parfois, très populaires, comme la Coccinelle, la 2CV Citroën, la Mini. Second motif d'attachement, les souvenirs. Celles qui ont pu être "la voiture de mon père" sont des accroche-cœurs, à travers lesquels se revivent des moments heureux d'un passé définitivement évaporé, les vacances en camping à Palavas, les petits matins et le trajet vers l'école… Une catégorie dans les aptes à la collection dont il n'est pas totalement certain qu'elle sera d'une valeur éternellement au top, car ceux qui y sont attachés prennent de l'âge…

 

Et puis, viennent les représentantes de grands courants de l'industrie automobile. Ceux-ci n'ont jamais été imaginés selon des études faites au doigt mouillé. Tous ont obéi à des tendances d'attentes, d'usages et de typologie de ce qu'il faut nommer, rien d'incorrect là-dedans, les clientèles. Quand le produit d'un industriel se vend bien, ses concurrents lui emboîtent inévitablement le pas. Les produits ainsi élaboré s'appellent les "me-too", ce qui, en langue de Shakespeare, signifie "moi aussi". Pour le public, cela se traduit par la sensation de voir surgir des modes, lesquelles ont des effets "auto-amplificateurs". Les petits cabriolets sportifs sauce britannique sont de cette mouvance, dans laquelle MG, Triumph, Sunbeam, Daimler (branche britannique) et d'autres se sont engouffrés (y compris dans d'autres pays), répondant aux rêves des jeunesses d'après-guerre. Dont les représentants, sitôt entrés dans l'âge de fonder des foyers avec quelques bambins, ont viré vers la berline.

 

Le monospace entre dans cette classification. C'est un concept osé par le groupe Chrysler outre Atlantique, et par les protagonistes d'un feuilleton riche en épisodes allant de Matra à Renault en passant par Matra-Simca devenu Simca… Chrysler France, et échappant de peu à la case Talbot de PSA. Nous avions évoqué il y a peu le cas spécifique de l'Espace et de son caractère propre à entrer dans le monde des anciennes que l'on conserve. Mais ce modèle précurseur n'est que l'amorce d'une grande tendance. Si, n'y croyant pas dans un premier temps, les concurrents de Renault ont d'abord fait semblant de ne même pas se pencher sur le sujet, ils ont presque tous et assez rapidement revu leur copie. Car au-delà du style, ce concept avait pour particularité de répondre à une attente peut-être mal appréhendée jusqu'à ce moment. En effet, les enfants du baby-boom nés dans les années 50 et 60 en arrivaient, au confluent des décennies 70-80, à cette étape de la vie devenue "de famille" où de jeunes têtes blondes engendrent des nécessités… d'espace dans le véhicule de la maisonnée. Ce pour pouvoir tout emporter, pour les vacances, le week-end passé dans la maison de campagne, la dépose des bambins chez les grands parents (car Madame et Monsieur travaillent…).  Place disponible qui manquait cruellement dans une grande berline et encore plus dans un milieu de gamme.

 

Comme l'industrie a dans son immense majorité assez mal évalué le périmètre du marché, la promptitude dans la conception s'impose, d'où des alliances. Très naturelle celle imaginée chez PSA, avec le 806 sous logo Peugeot et Evasion portant les chevrons de Citroën, elle se propage au groupe italien Fiat, sous son logo et sous celui de Lancia. L'union est un peu plus insolite entre Ford (Galaxy) et VAG, qui baptise le même véhicule Sharan pour VW, Alhambra pour sa filiale espagnole Seat. Et hop…! 3 sources et déjà 7 modèles sur le marché. Auxquels viennent se joindre des intervenants venus d'ailleurs. A commencer par Chrysler qui vend en Europe son monospace Dodge (l'autre grand précurseur et peut-être LE précurseur absolu) sous la marque Voyager. GM se sent permis dans ces circonstances de proposer d'une manière assez peu tonitruante le Pontiac Trans Port. Dès ces années-là, rien ne se passe plus dans l'automobile sans que le Japon y mette sa goutte de saké. Celle-ci se distingue avec la Nissan Prairie ou encore le vaste et très confortable Toyota Previa. Etc.

 

Il faut cependant remarquer que, à la différence de l'Europe, le phénomène du monospace n'a pas du tout eu la même genèse de l'autre côté de l'Atlantique. Là-bas, Chrysler avait imaginé une réponse aux besoins (ou envies) des consommateurs américains amateurs de Vans d'adapter dans des tailles et surtout des consommations devenant raisonnables, ces sortes de grosses "camionnettes" animées par des V8 gourmands directement reliés aux puits de pétrole et aménagés comme des petites villas mobiles, avec clim, moquettes épaisses façon guimauve, sièges pour paresseux de luxe et autres débordements pas toujours dans le respect du meilleur goût.

 

 

Alors que notre ennemi intime le virus vient de clouer au fond des garages les ardeurs des collectionneurs comme d'ailleurs toutes les autres ardeurs du monde, il n'est pas interdit de songer à la suite. Si le monospace a très largement battu en retraite, le grand volume à la mode, le SUV, a très probablement repris à son compte les atouts spacieux de la génération monospace, avec en prime de petits airs de baroudeurs en guise de froufrous aguicheurs. Néanmoins, le concept n'est pas totalement mort. Si l'Espace de Renault est désormais tout sauf un… Espace (d'où son succès mitigé, dit-on et son abandon programmé, comme celui du Scenic), la plus low-cost des versions, celle de Dacia, reste au programme. Mais globalement, plus personne ne veut d'une auto de cette génération éteinte, qui représente pourtant une véritable époque dans le monde de l'auto. Coup de chance. Puisque pas mal de modèles tournent encore, dans des états corrects ou moyens, typiques des occasions ayant un peu d'âge. C'est le vrai creux de vague, bon moment pour faire de l'acquisition, et se constituer des petites réserves de pièces de rechange pour "au cas où". Et peut-être déjà commencer à leur redonner à chacun les aspects du neuf ou presque, sans attendre qu'ils se mettent soudain à remonter la "cote". Car tôt ou tard, ce moment arrivera.

 

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